A peine sortis de la crise financière de 2008, nous nous retrouvons aujourd’hui confrontés à la crise de la dette souveraine. Les unes des médias, la chute des cours ou encore la complexité des instruments et stratégies utilisés par certains conseillers ont ébranlé la confiance des investisseurs. Dans ce contexte, Guy Wagner, Chief Economist à la Banque de Luxembourg revient sur des principes de gestion simples pour préserver la croissance de notre patrimoine.
Aujourd’hui, en tant qu’investisseur, à quoi faut-il être attentif ?
G.W. : Le monde de la gestion d’actifs regorge d’idées peu fiables, largement répandues : les marchés sont parfaitement efficients, les actions s’apprécient toujours sur le long terme; les obligations sont des placements sûrs et les marchés émergents, des investissements à risques. De ces croyances jamais remises en question, la liste est longue... Or, loin d’être innocentes, elles peuvent nous induire en erreur et se solder par d’importantes pertes financières.
Dans le contexte du marché financier et économique actuel, quelle approche adopter ?
G.W. : Investir à contre-courant. C’est-à-dire, investir sans se laisser influencer par des titres spéculatifs et sans se préoccuper des fluctuations du marché à court terme. Une philosophie d’investissement simple, mais qui nécessite de la persévérance et une bonne dose de courage pour résister aux sirènes de la surperformance à court terme.
Sur quel principe votre méthodologie d’investissement repose-t-elle ?
G.W. : Notre méthodologie d’investissement repose sur la sélection d’actifs liquides, transparents et parfaitement maîtrisés. Au contraire, les hedge funds, matières premières, actifs complexes ou secteurs opaques sont délaissés. Si nous ne maîtrisons pas l’actif , si nous ne pouvons l’analyser ni en calculer la valeur, nous nous gardons bien d’investir.
Pouvez-vous donner un exemple ?
G.W. : Prenons le cas des actions. Comment sélectionnons nous les valeurs boursières ? Les sociétés retenues se doivent tout d’abord de disposer de fondamentaux solides. Nous analysons ensuite le cours boursier, calculons la valeur de l’entreprise et déterminons si le prix de marché actuel s’avère véritablement attractif. Enfin, nous nous assurons de pouvoir conserver les actions considérées sur le long terme. Ainsi, la méthode de Warren Buffet, consistant à acheter des actions, comme si nous envisagions de devenir copropriétaire de cette société, constitue le meilleur moyen de sélectionner un actif.
Dans cette perspective, préconisez-vous le principe de gestion actif ?
G.W. : Oui, tout à fait. La gestion passive a connu son envol en partant du principe que, sur un cycle économique de cinq à sept ans, les marchés boursiers suivent un mouvement haussier. La réalité montre que les marchés sont quelquefois sans orientation précise et que des replis structurels peuvent être enregistrés sur de longues périodes. C’est pourquoi il est préférable d’opter pour une gestion active. La recherche et l’analyse fondamentale permettent de détecter des sociétés capables de croître dans un contexte économique morose ou présentant les qualités défensives nécessaires pour affronter les phases de repli. La mise en place d’un mécanisme de couverture peut, quant à elle, atténuer l’impact en cas de baisse des marchés et permettre de conserver des actions de bonne qualité, susceptibles d’afficher des performances honorables sur l’ensemble du cycle économique.
Pour plus d’informations sur notre manière de gérer les avoirs qui nous sont confiés, nous vous invitons à commander notre nouvelle publication « Des principes simples pour un monde complexe ».
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Fanny NosettiGestionnaire de portefeuilles |

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