Un peu plus d'un an après avoir pris la tête de l'agence ONU Femmes, dédiée à l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, l'ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, exhorte les gouvernements, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes célébrée le 25 novembre, à faire preuve d'une plus grande volonté politique.

La lutte contre la violence à l'égard des femmes est l'une des quatre priorités d'ONU Femmes. Quel bilan dressez-vous aujourd'hui ?
La Convention européenne pour prévenir et combattre la violence à l'égard des femmes, signée en mai à Istanbul, marque un tournant de par les objectifs spécifiques qu'elle s'est fixés en matière de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs. Mais d'énormes défis restent à relever. Plus de 600 millions de femmes vivent dans des pays où la violence conjugale n'est pas pénalisée. Quant aux nouvelles législations créées en faveur de la protection des femmes, elles ne sont pas toujours mises en oeuvre, faute de ressources financières ou humaines. La violence contre les femmes est l'une des violations des droits de l'homme les plus répandues dans le monde, mais elle reste l'un des crimes les moins poursuivis.
Que préconisez-vous ?
La violence contre les femmes n'est pas une affaire de femmes ni une affaire privée. C'est un fléau qui affecte toutes les sociétés sans distinction, riches ou pauvres, et dont les coûts pèsent sur les économies nationales. Rien qu'au niveau du Conseil de l'Europe, les dépenses engagées, notamment en termes d'assistance médicale, s'élèvent à plus de trois milliards d'euros par an. Il est temps pour les gouvernements de faire preuve de volonté politique et d'agir. Je propose un programme de seize mesures, axé sur trois priorités : la prévention, la protection et l'accès à des services essentiels. Parmi ces mesures, qui vont de la ratification de traités à la traduction des coupables en justice, la sensibilisation des hommes et des garçons est cruciale, car nous ne pourrons atteindre la "tolérance zéro" sans leur soutien.
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Propos recueillis par Alexandra Geneste,
Source : Le Monde, le 25 novembre 2011









