Au cours de dix dernières années, un nombre croissant d’entre vous – donateurs privés et corporate, représentants d’organismes à but non lucratif, conseillers, journalistes, scientifiques, ... – s’intéressent à la philanthropie en plein essor, la façonne et contribue ainsi à sa professionnalisation.
En termes de définitions, la fin du 20ème siècle et ce début du siècle courant voient en effet l’apparition d’adjectifs attribués à différentes formes de la philanthropie, telle qu’innovée et pratiquée par certains philanthropes.
Notons la philanthropie engagée (high-engagement philanthropy) où le donateur assume, au profit d’un organisme, une responsabilité qui va au-delà du simple soutien financier, par exemple en lui fournissant une assistance stratégique, des conseils, etc.
Quant au philanthrocapitalisme (philanthrocapitalism), il se définit comme la pratique de méthodes du business et l’application de mesures d’impact à la philanthropie en vue d’obtenir des changements sociaux. La définition de philanthrocapitalisme est apparentée à celle de la philanthropie de risque (ci-dessous) et d’entreprise sociale.
La philanthropie de risque (venture philanthropy) combine des pratiques d’investissement à long terme avec des modèles de capital de risque pour les appliquer au secteur bénévole, où un investissement financier est réalisé au profit d’un organisme sans but lucratif afin de renforcer des capacités, de produire des livrables et de générer un rendement social.
À côté de la philanthropie conventionnelle ou traditionnelle - qui représente toujours de loin la plus importante source de financement et d’heures de bénévolat prestées - et la philanthropie de risque, la philanthropie catalytique (catalytic philanthropy) est définie par Mark Kraemer de FSG Social Impact Advisors. Dans le cas présent, le philanthrope initie et s’enflamme pour un changement social autour d’une question spécifique. Cet engagement se réalise de manière transversale et ne nécessite pas nécessairement d’une structure donnée.
Ces nouveaux adjectifs illustrent la vitalité, le caractère innovant et la capacité d’adaptation du secteur de la philanthropie. La philanthropie est ainsi plurielle, ce qui est démontré par les différentes manières qu’adoptent les philanthropes pour s’engager pour le bien public.
À chacun sa façon de s’engager
On voit ici que le philanthrope peut s’engager soit traditionnellement et relativement “hands-off” en sélectionnant une ou plusieurs organisations à but non lucratif et/ou un ou plusieurs projets qui semblent le mieux répondre à ses attentes, soit de manière plus “hands-on” en recherchant à s’investir personnellement, notamment en mettant son temps et ses compétences à la disposition de l’association de son choix ou de la cause qu’il a décidé de soutenir.
Les acteurs du secteur social nécessitent de nombreux dons - quels que soient le montant - d'innombrables heures de bénévolat prestées mais aussi l’engagement de philanthropes pour les aider à répondre aux défis sociaux, sociétaux et environnementaux ; pour innover, adapter et augmenter l’impact de leurs actions.
Pour plus de détails dans la mise en œuvre partielle ou totale de votre projet philanthropique, contactez-nous.
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Diane WolterConseiller en Philanthropie |
Origine et définition de la philanthropie
A l’origine, la philanthropie, du grec ancien phílos « ami » et ánthrôpos « homme », « genre humain », est la philosophie ou doctrine de vie qui met l'humanité au premier plan de ses priorités.
Attestée en langue française en 1551, elle est définie par « amour de l’humanité », avec amour, dans le sens de „se soucier, nourrir, développer et améliorer“ et humanité, dans le sens de „potentiel humain“.
Redécouverte lors de la Renaissance, elle est une vertu que les philosophes de l’Europe classique jugent positive. La (morale) philanthropique serait une vertu patiente et désintéressée.
Les actions concrètes priment sur l’amour de l‘humanité
Toutefois, la philanthropie ne peut être que l’expression de bonnes intentions. Elle doit s’accompagner d’actes, d’actions concrètes. Ainsi, vers 1835, la définition du philanthropre (bienfaiteur) prend un sens nouveau et désigne "celui qui s’occupe des moyens d’améliorer le sort de ses semblables." Dès lors, les actes priment sur l’amour de l’humanité.
Les définitions se précisent au 20ème siècle
Par opposition au gouvernement qui sert le bien public et au secteur marchand qui oeuvre au profit du secteur privé, la philanthropie classique a, au 20ème siècle, comme leitmotiv “le privé s’engage pour le bien public”. Mentionnons trois définitions d’écrivains, d’enseignants, de politiciens et de citoyens américains engagés : celle de John W. Gardner “initiative privée pour le bien public”, celle de Robert Payton “action volontaire pour le bien public”, et encore celle de Lester Salamon ”don de temps ou de biens ... pour le bien public”.










