Dans le cadre des derniers « Midis de la finance » organisés par la Banque de Luxembourg, Thierry Feltgen, analyste à la Banque, s’est exprimé sur le niveau de risque des obligations. Jusqu’à présent, les investisseurs positionnaient les obligations comme des placements peu risqués. Mais la quasi faillite de la Grèce ou de l’Irlande et le surendettement des pays industrialisés ont remis en question cette appréciation. De manière générale et, plus encore, dans le contexte économique actuel, aucun actif financier n’est totalement dépourvu de risque.
Qu’est-ce qu’une obligation ?
T.F. : Une obligation est définie comme un titre de créance représentatif d'une fraction d'un emprunt émis par une entreprise, un Etat ou encore un organisme public ou semi public. Les modalités de remboursement et le mode de rémunération des prêteurs sont fixés contractuellement.
Quels sont les risques associés à une obligation ?
T.F. : Elle présente 3 risques majeurs. Tout d’abord, celui de l’émetteur qui par incapacité ou absence de volonté n’honore pas ses obligations vis-à-vis de ses créditeurs. C’est, par exemple, la cas de la Côte d’Ivoire et de l’Equateur, deux pays en difficulté ne pouvant honorer leur dette. Puis vient le risque du marché : le cours de l’obligation évolue en fonction de l’offre et de la demande au sein des marchés financiers. Enfin, le rendement de l’obligation dépend de l’inflation. Celle-ci correspond au taux de dépréciation de la monnaie. Si le niveau d’inflation est supérieur au taux des obligations, l’investisseur subit une perte en valeur réelle : le pouvoir d’achat de la valeur de son patrimoine diminue. Les niveaux des taux obligataires évoluent en fonction du niveau d’inflation anticipée. Pour cette raison, les investisseurs cherchent à compenser le risque de voir leur patrimoine se déprécier en termes réels. Ainsi, plus l’inflation attendue est élevée, plus le niveau de taux obligataires le sera aussi.
En substance, que faut-il retenir lors d’un investissement dans une obligation ?
T.F. : Le potentiel de rendement va de pair avec la notion de risque (marché, échéance, émetteur, liquidité, etc.). Il est donc important de bien identifier les risques associés aux investissements envisagés. Vous devez donc vous interroger sur votre capacité et votre volonté à prendre ces risques lors de votre investissement. Dans tous les cas de figure, avant d’opter pour un type de placement, nous vous invitons à discuter avec votre conseiller financier des opportunités d’investissements, afin de vous assurer que votre choix réponde bien à vos attentes.
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Thierry FeltgenAnalyste Financier |

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Jean a dit...
Entre les pays européens au bord de la faillite qui ne sont plus solvables et ceux du nord de l'Europe qui offrent des taux ridiculement bas...quelle alternative y-a-t-il encore ??Merci pour votre réponse,
Jean
10 juillet 2011 - 05:10 PM
Fanny Nosetti a dit...
Il est vrai que l’environnement des taux européens n’est pas très attrayant. C’est pourquoi, il ne faut pas hésiter à chercher des idées d’investissements obligataires en dehors de notre zone géographique et les pays émergents méritent une attention toute spéciale. Ces Etats sont, de manière générale, moins endettés que les Etats européens et la croissance économique y est plus forte. Les rendements restent attractifs et sur le moyen/long terme les devises émergentes devraient s’apprécier. Si le risque de change vous inquiète, vous pouvez investir sur une obligation étatique d’un pays émergent libellée en euro. A titre d’exemple, l’obligation de l’état coréen échéance 2015 libellée en euro donne un rendement à échéance de 3.20%. Vous pouvez aussi rester sur un investissement en obligation européenne mais libellé dans une devise émergente. Pour vous donner une idée, l’obligation de la BERD (Banque Européenne pour le Reconstruction et le Développement) libellée en roupie indonésienne échéance 02/2013 donne un rendement échéance de 4.65% par an. A titre de comparaison, le 5 ans allemand est à 1.89%...12 juillet 2011 - 03:41 PM