Le rapport annuel des Nations unies sur l’investissement étranger direct est un baromètre des flux. Il mesure notamment le succès des économies nationales dans l’attraction des investissements étrangers. Luxembourg est 4e mondial, mais il perd une place au profit de Singapour.
Selon le dernier rapport de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), qui vient d’être présenté à Genève, l’investissement étranger direct (IED) mondial perd de son dynamisme en 2012, mais les perspectives pour 2013 et 2014 restent, modérément, favorables.
Parmi les (nombreux) enseignements de ce rapport, il y a l’indice d’attraction des investissements étrangers directs. Il permet de mesurer le succès des économies nationales par rapport aux gros porteurs de capitaux et de projets étrangers, en niveau absolu et relativement à leur taille.
Inversion sur la troisième marche du podium
À cette aune, le Luxembourg fait toujours partie du Top 10 des pays les plus attractifs au monde. Mais il perd une place et glisse du podium. Le Grand-Duché est détrôné de sa troisième place, obtenue l’an passé, par Singapour, qui était 4e l’an dernier.
Les deux leaders ne changent pas : Hong Kong garde la plus haute marche, précédant une étonnante Belgique, toujours bien placée dans ces classements, tant au niveau des flux entrants que sortants.
Le Luxembourg, terre d’investissements étrangers, est aussi une source évidente, même si les cartes peuvent être un peu brouillées : les véhicules d’investissements sont luxembourgeois et pas nécessairement les fonds d’origine. Néanmoins, les tableaux concernant le transit des IED au Luxembourg démontrent des évolutions marquées ces dernières années.
Variations de flux
Pour les années 2005-2007, la moyenne (en dollars) des flux sortants était 10 fois plus élevée que celle des flux entrants (30,34 milliards contre 3,38 milliards). Le rapport s’est largement inversé en 2009 : 22,4 milliards de flux entrants pour 7,5 milliards de flux sortants. 2010 a à nouveau renversé la vapeur. Et 2011 affiche une balance plus équilibrée : 17,5 milliards entrants et 11,7 milliards sortants.
À l’échelle planétaire, le World Investment Report 2012, sous-titré « Vers une nouvelle génération de politiques d’investissement » souligne d’abord l’augmentation des flux d’investissements étrangers en 2011 (+16 % en 2011), qui « ont ainsi dépassé le niveau moyen d’avant-crise (années 2005–2007), malgré les conséquences persistantes de la crise économique et financière globale et la crise actuelle de la dette en Europe ». Cependant, la résurgence de l’incertitude économique et la possibilité d’un ralentissement de la croissance dans les économies émergentes majeures « pourraient saper le dynamisme de l’IED en 2012 », prévient le rapport. La Cnuced prévoit que le taux de croissance de l’IED se ralentira en 2012, avec des flux atteignant un palier d’environ 1.600 milliards de dollars. Cette tendance est confirmée par les indicateurs avancés disponibles : la valeur des fusions-acquisitions internationales et des annonces de projets de création ou d’extension des capacités physiques, ont enregistré un recul au cours des cinq premiers mois de 2012.
Sources : www.paperjam.lu
Michèle Andres
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