Dans le cadre de la journée Internationale de la Femme, une table ronde organisée à l’initiative du Ministère de l’Egalité des Chances faisait le point sur l’égalité Hommes/Femmes vue au travers du prisme des média et de la publicité. Instructif et… encourageant.
Encourageant en effet de constater une belle mixité dans la salle et une assemblée nombreuse. Preuve si c’était nécessaire que la thématique intéresse, et pas seulement les femmes. Madame le Ministre, Françoise Hetto-Gaasch a d’ailleurs rappelé que son ministère travaille sur toutes les inégalités et que c’est donc bien l’affaire de tous.
Encourageant également de voir rassemblés à une même tribune, un chercheur, un avocat, trois journalistes, un publicitaire et le président du jury d’éthique publicitaire belge, pour débattre de la question de la représentation des hommes et des femmes dans les média. Il faut dire qu’une étude, réalisée en 2010 pour Comed par TNS Ilres, révèle que la moitié des personnes interrogées trouvent que la publicité entretient une image traditionnelle du rôle de l’homme et de la femme. Seulement 17% des répondants de cette étude, perçoivent dans la publicité un discours favorable à l’égalité.
Instructif
Les media ont un statut ambigu ; on ne sait pas très bien s’ils sont le reflet des évolutions de la société ou s’ils influencent celles-ci. Probablement que les deux affirmations sont vraies. Les média et la publicité sont en tout cas révélateurs de l’état d’esprit d’une société. Pour ce qui est des hommes et des femmes, ils montrent que l’égalité n’est pas encore atteinte. Le conseil National des Femmes s’est penché sur le cas de la presse pour constater que 20% seulement des informations traitées parlent des femmes.
Une étude menée par le cabinet Quest pour le Conseil de la Publicité fait le constat d’une certaine parité en ce qui concerne le nombre de fois où les hommes et les femmes apparaissent sur des visuels publicitaires ; mais la représentation qui en est faite n’est pas du tout égalitaire. Les femmes restent bien souvent cantonnées à leur rôle domestique ou à des rôles subalternes quand elles apparaissent dans un contexte professionnel. Quand elles ne sont pas tout simplement utilisées pour une sexualisation des produits vendus, parfois totalement hors de propos.
La table ronde a donc insisté sur la nécessaire prise de conscience des industriels, des médias et des publicitaires. Ils ont un rôle à jouer pour la transformation des regards et ils doivent se muer en influenceurs responsables. Chaque citoyen peut réagir également en signalant les images qu’il juge non respectueuses de la dignité Humaine. Au Luxembourg, l’instance habilitée à recueillir ces plaintes est la Commission pour l’Ethique en Publicité.
Pour aller plus loin : Ministère de l’Egalité des Chances
Source : Catherine Moisy
Michèle Andres
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