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Un point d'éclaircissement sur les pays de l'UE et sur les obligations d'Etat

lundi 16 mai 2011 | 0 commentaires | Mes Finances

Un point d’éclaircissement sur les pays de l’UE et sur les obligations d’Etat : Danielle Goedert, conseillère banque privée à la Banque de Luxembourg, vous apporte quelques éléments de réponses pour vos placements.

Danielle Goedert - Conseillère Banque Privée

Qu’est-ce qu’une obligation d’État ? Comment s’effectue son remboursement ?

D. G. : Afin de faire face aux dépenses qu’il doit effectuer pour la formation, la défense, le développement des infrastructures, le secteur social, la culture, etc, l’État dispose des recettes des impôts et des taxes. Lorsque les dépenses sont supérieures aux recettes, l’État a un besoin de crédit qu’il peut notamment couvrir par l’émission d’obligations. Il est alors obligé de verser des intérêts pendant la durée convenue de l’obligation et de rembourser la valeur nominale de celle-ci à échéance. En théorie, les intérêts et le remboursement final sont couverts par les recettes fiscales futures. En pratique cependant, les États refinancent les emprunts en cours par de nouvelles émissions.

Comment les obligations d’État sont-elles évaluées ?

D. G. : Comme les pays qui contractent des dettes sont généralement les mêmes qui prêtent les fonds nécessaires au remboursement, les obligations d’État libellées en monnaie nationale sont en principe considérées comme sans risque. Dans la zone euro toutefois, c’est la Banque centrale européenne qui joue le rôle du prêteur. Il existe donc des différences de solvabilité entre les États. En fonction de son degré de solvabilité, l’État concerné doit s’acquitter d’une prime de risque. La solvabilité d’un État dépend essentiellement du niveau de richesse du pays, de son endettement par rapport à ce niveau et de sa discipline budgétaire. Pour éviter qu’un État ne s’endette trop, le traité de Maastricht a prévu que la dette soit plafonnée à 60 % du produit intérieur brut et tout nouvel endettement à 3 % du PIB. Si un pays se soustrait durablement à ces critères, sa solvabilité en pâtit et le marché financier réclame une prime de risque plus élevée ; dans le pire des cas, l’État ne peut plus refinancer ses anciennes dettes par de nouveaux emprunts.

Quel est le niveau de risque des obligations d’État pour l’investisseur ?

D. G. : Comme n’importe quelle autre obligation, les obligations d’État comportent un risque de défaillance, c’est-à-dire le risque que tout ou partie des intérêts ou du capital ne soit pas payé ou ne soit pas payé dans les délais. Ainsi, une défaillance peut survenir si un pays n’est pas en mesure de contracter de nouveaux emprunts, ni, par conséquent, d’honorer ses anciennes dettes et de couvrir son besoin de crédit. Il est donc très important qu’un État – comme la Grèce actuellement - puisse présenter de manière crédible les solutions qu’il envisage pour abaisser sa dette et son déficit budgétaire. S’il ne le peut pas, il court le risque que les marchés financiers ne lui prêtent plus d’argent.

En dehors des obligations d’État, quelles sont actuellement les autres possibilités s'offrant à un investisseur avec un horizon de placement à moyen ou long terme et désireux d’obtenir un rendement supérieur à celui d’un compte d’épargne ?

D. G. : Il y a plus d'un an, les États ont été obligés de sauver les banques. Maintenant, quelques-uns de ces États se trouvent dans une situation difficile. Or, il semble que seuls les États les plus solides, comme l’Allemagne par exemple, dont la constitution prévoit même un mécanisme de frein à l’endettement, disposent encore de la crédibilité suffisante sur les marchés financiers, pour proposer des placements sans risque. Actuellement, il est donc primordial d’être attentif à la solvabilité de l’émetteur d’une obligation.

Un investisseur envisageant un investissement sur 4 à 5 ans peut également se tourner vers des fonds mixtes, capables d’ajuster avec une grande souplesse leurs quotes-parts d’actions et d’obligations en fonction des conditions du marché. Là aussi, il est important que le gérant du fonds veille à la qualité des actions et des obligations détenues dans le portefeuille.

Dans tous les cas, avant de se décider pour un placement, un investisseur devrait discuter avec son conseiller financier des risques et des opportunités de ce placement, afin de s’assurer que celui-ci répond bien à ses attentes.

 

Danielle Goedert

Danielle Goedert

Conseillère Banque Privée

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